mercredi 6 décembre 2017

Le changement continu dans les plates-formes e-Learning

Le changement continu est le destin de tout logiciel. L'ajout de nouvelles fonctionnalités, la mise à jour des anciennes fonctionnalités et la correction des bugs sont parmi plusieurs autres raisons qui rend la publication d'une nouvelle version du logiciel obligatoire. Et  les plates-formes e-Learning ?

Les plates-formes e-learning sont définies comme l'implémentation logiciel (dimension technique) des conceptions e-Learning. Comme tout autre logiciel, des mises à jour et des nouvelles versions doivent être préparées et publiées périodiquement. Autrement, la plate-forme perdra progressivement sa part et ses utilisateurs, pour, enfin, mourir.

Préparer une nouvelle version d'une plate-forme e-Learning vise principalement l'une des trois raisons suivantes (selon mes observations sur la plate-forme Moodle que j'utilise - voir ressources) :

1. Les besoins techniques

L'architecture de la plate-forme peut être la cause principale pour une mise à jour majeure de la plate-forme (passer d'une version à une autre, perte de compatibilité des composants de base, l'impossibilité de mettre à niveau et l'obligation de la réinstallation).

Moodle, par exemple, se déclare comme une plate-forme modulaire qui permet aux différents développeurs de développer leurs propres blocks et modules. Par conséquence, si l'ancien système modulaire arrive à sa fin, un nouveau système est préparé; la compatibilité entre les deux n'est pas garantie.

De manière générale, ajouter de nouveaux composants techniques ou permettre le support de nouvelles propositions architecturale restera toujours parmi les causes principales d'une mise à jour majeure de la plate-forme. Tant que le web avance, les plates-formes e-Learning continueront à intégrer ses nouvelles technologies.

2. Supporter les normes

Un autre besoin en e-Learning est le support des différentes normes proposées dans le domaine. Ces normes assurent l'interopérabilité entre les plates-formes et la réutilisabilité des ressources pédagogiques.

Il est naturelle de voir le lancement d'une plate-forme sans un support des normes, mais, en intégrant un éditeur local et un format de sauvegarde local des ressources pédagogiques. Mais, la plate-forme doit prendre en compte ces normes à fur et à mesure. Ainsi, des extensions peuvent être envisagées pour atteindre cet objectif.

Généralement, ces extensions et ces enrichissements ne sont pas appliqués sur le noyau de la plate-forme. Ils sont présentés comme des options additionnelles et des outils supplémentaires que l'enseignant peut invoquer ou pas. Les cours de la plate-forme elle-même bénéficieront d'un outil d'exportation qui les sauvegarde sous le format adopté par la norme mais en il les garde toujours sous le format local. Ainsi, ce type de mise à jour garantit la compatibilité et reste optionnel (d'un point de vue technique).

3. Implémenter des besoins spécialisés

La plate-forme ne doit, en aucun cas, limiter les enseignants dans leurs choix pédagogiques. L'enseignant doit pouvoir trouver les outils nécessaires pour implémenter ses visions et ses scénarios pédagogiques. Autrement, la plate-forme devient un obstacle et non pas un outil pour l'opération d'enseignement.

Dans quelques spécialités, les ressources traditionnelles et les formats largement utilisés ne sont pas suffisants pour implémenter les scénarios pédagogiques et les démonstrations effectués dans la formation en présentiel (face à face). Ainsi, la plate-forme sous sa forme standard ne peut pas supporter ces formations.

Pour corriger ce problème, des composants personnalisés et des extensions sur mesure peuvent être ajoutés à la plate-forme pour la rendre capable de supporter ces formations spécialisées. Il est aussi possible d'adapter une version d'une manière plus approfondie en effectuant des modifications qui peuvent aller jusqu'au noyau de la plate-forme.

Ces types de mises à jour ne sont pas, généralement, destinés pour tous les utilisateurs de la plate-forme mais pour une partie seulement. Si ils ne sont pas proposés comme des modules additionnels (et optionnels), ils peuvent être source d'incompatibilité avec la version standard. Néanmoins, le gain sur le plan pédagogique (besoin fonctionnel essentiel de la plate-forme) est le plan important que la perte d'incompatibilité (besoin technique). Ces types de mises à jour sont des fois préparés par des tiers et non pas par la fondation ou l'entreprise qui supporte la version standard.

4. La suppression ?

A ma connaissance, la suppression de fonctionnalités n'est pas très fréquentes dans les plates-formes e-Learning. En effet, le travail continue toujours sur les composants de base pour offrir plus d'options et plus de fonctionnalités. Ces composants sont utilisés comme des briques de base pour construire des composants plus complexes et pour réaliser une formation qui respecte telle ou telle approche pédagogique.

Par exemple, l'approche socio-constructive nécessite deux éléments essentiels :
  • Donner à l'apprenant la possibilité de faire ses propres recherches et expérimentations,
  • Faire cela dans un travail de groupe.
Sur le plan technique, les outils de communication (forum, chat, messagerie), des outils d'édition collaborative et des outils de recherche documentaire et bibliographique sont tous nécessaires pour supporter une seule formation de type socio-constructif. Ainsi, supprimer l'une de ces fonctionnalités de base ou l'arrêt de son support technique peut influencer toutes les formations bâties sur cette fonctionnalité.

Pire encore, les plates-formes ne proposent pas des composants complexes du niveau des approches pédagogiques. C'est à l'enseignant de construire, presque sans assistance remarquable, son cours en respectant l'approche pédagogique adéquate, partie par partie, en effectuant ses choix à partir des différents outils de base offerts par la plate-forme.

Les plates-formes e-Learning sont des solutions logiciel et respecteront toujours les principes imposés par ce domaine. Elles doivent toujours progresser pour supporter les nouvelles technologies du web et pour satisfaire les différentes visions pédagogiques. Elles ont, encore, un long chemin à parcourir pour pouvoir garantir un enseignement proche de l'enseignement en présentiel (face à face).

Ressources

Exemple des améliorations apportées dans une nouvelle version (l'arrivée de la version 3.0)

Les problèmes de mise à niveau (upgrade)

mardi 5 décembre 2017

Les limites du Web Sémantique en e-Learning

L'objectif principal du Web Sémantique est de permettre aux machines de comprendre le web (très simplifier). Pour atteindre cet objectif, il tente de structurer le web par ajouter une couche de méta-données qui décrivent les différentes ressources sur Internet. Ces méta-données sont nécessairement structurées et liées. Ainsi, on parle de nouveaux éléments tels que les Concepts, les relations (liens entre ces concepts et le raisonnement en exploitant ces relations). On parle aussi de nouvelles structures pour sauvegarder ces éléments telles que les thésaurus et les ontologies.

Le langage OWL, qui s'inscrit dans cette approche et qui est utilisé pour créer et manipuler des ontologies, nécessite l'utilisation de la relation "is-a" ("est un") pour construire une arborescence de concepts à laquelle il est possible d'ajouter d'autres relations et d'associer des instances à ses concepts. L'outil Protégé 2000 utilisé pour éditer des ontologies OWL offre une interface graphique riche pour permettre d'effectuer ces actions en toute simplicité, comme il intègre un "raisonneur" pour effectuer des raisonnements.

Le Web Sémantique a attiré l'attention des chercheurs en e-Learning depuis ses premiers jours. Donner une dimension sémantique aux ressources permet de les voir d'une manière plus profonde que de simples textes (une succession de caractères). Le principe de structuration était toujours présent dans l'enseignement et, par conséquent, était gardé en e-Learning. Ainsi, les outils de Web Sémantique ont été vite repris pour être utilisés dans un contexte de l'e-Learning. Des dizaines d'approches et de systèmes ont, ainsi, vu le jour.

Néanmoins, le web sémantique présente, à son tour, une limitation. Malgré ce qu'il offre comme outils pour modéliser les connaissances, il reste incapable de modéliser quelques éléments impliqués en e-Learning. A titre d'exemple, il trouve vite ses limites lorsqu'on veut modéliser le profil de l'étudiant (Learner Profile).

Le profil de l'apprenant est l'ensemble des données relatives à l'apprenant sur la plate-forme e-Learning. A part ses données personnelles et ses données d'authentification, son état d'avancement et ses activités réalisées sur la plate-forme sont des éléments essentiels pour son suivi. Ils permettent à l'enseignant d'avoir une visibilité sur les efforts fournis et les progressions réalisées par les différents apprenant. Ils permettent aussi à l'enseignant de repérer les apprenants en difficulté pour intervenir au bon moment.

Le Web Sémantique a donné un certain nombre d'outils qui facilitent modélisation et l'implantation du profil de l'apprenant. L'idée la plus simple (intuitive, qui a connu plusieurs améliorations) est l'utilisation d'une ontologie du domaine qui modélise les concepts à apprendre. Une copie de l'ontologie globale est créée pour chaque apprenant. Cette copie peut être utilisée pour suivre les concepts acquis par l'apprenant; l'apprentissage est supposé terminé si l'apprenant couvre toute l'ontologie.

Cette solution semble très pratique et très logique. Elle nous donne aussi la possibilité de séparer les concepts à acquérir des ressources pédagogiques utilisées, ainsi, nous pouvons donner plus de liberté à l'apprenant concernant les ressources qu'il utilise.

Néanmoins, elle est se limite aux connaissances. Cette limitation peut être généralisée pour toucher l'ensemble des outils Web Sémantique utilisés en e-Learning.

L'apprentissage, selon l'approche béhavioriste, doit laisser son influence sur le comportement de l'apprenant. Pour cette approche, l'apprentissage est défini comme un changement du comportement de l'apprenant par l'acquisition de nouvelles compétences. Cette dernière est plus compliquée que la connaissance. En effet, la compétence peut être vue comme l'enrichissement de la connaissance (elle même enrichissement de l'information) par une dimension comportementale.

Contrairement aux connaissances, les comportements sont dynamiques et évolutifs. Il est très difficile de modéliser le comportement, surtout qu'il implique des actions, des émotions et des points de vue. Ces derniers éléments ne sont pas, 'actuellement, attachés aux ressources pédagogiques qui sont le champs d'utilisation principal du Web Sémantique.

Au stade actuel, le Web Sémantique ne possède pas (et ne vise pas, à la base) des outils suffisants ou capables de supporter la notion du comportement. Par conséquence, il est très difficile de concevoir et de construire un profil de l'apprenant en se basant seulement sur les ontologies et les langages et techniques offerts par le Web Sémantique.

Le e-Learning lorsque le "Learning" souffre

Notre chère université connaît une grève depuis plusieurs jours. Cela n'arrive pas pour la première fois, mais cette fois-ci, cela m'a encouragé pour écrire deux mots sur un problème invisible que connaît e-Learning en algérien. La question que je vais poser aujourd'hui est "Comment faire du e-Learning où le Learning trouve des problèmes ?".

Les problèmes rencontrés par l'université Algérienne sont si nombreux que je ne peux pas les citer dans un seul article. Il sera plus intéressant de parler de l'une des conséquences les plus graves : l'absence totale de la motivation au milieu universitaire. Et là, je ne cite pas seulement les étudiants mais tout le staff de l'université. Chaque partie essaie juste d'accomplir sa mission en conformité avec la lois, sans tenter d'améliorer ou d'innover. On est forcé à devenir de simples "fonctionnaires"; les étudiants, les enseignants et l'administration sont tous là pour appliquer ce que les textes exigent et rien d'autres.

Le phénomène peut être repérer dans la "fausse" présence des étudiants. Les étudiants assistent pour assister, pour éviter la pénalisation des absences. La présence est exigée par la lois et n'est pas résultat d'une motivation ou d'une volonté d'apprentissage. Nous remarquons de plus en plus des étudiants complètement désintéressés, qui passent la séance connectés sur leurs téléphones mobiles.

Côté administration, l'objectif est de marquer "un déroulement normal" des études même si les conditions ne sont pas en faveur de l'apprentissage et même si la différence entre ce qui est fait et ce qui devrait être fait est énorme. Tout ce qui compte c'est le déroulement des séances comme elles ont été planifiées et rien d'autres. Cela peut être observé lors des différentes grèves des étudiants, comme celle des ces jours, où on peut constater une absence presque totale de communication entre les étudiants grévistes et l'administration. Finalement, l'administration vise les points faibles laissées par les étudiants (conflits, mal organisation, etc..) pour résoudre le problème de la grève et non pas les causes de la grève.

Finalement, les enseignants trouvent de plus en plus de mal à faire leur travail. La pression appliquée par les deux autres partenaires (étudiants et administration) augmente et l'enseignant est à cours de solution. Si les étudiants d'écologie, par exemple, n'ont pas un laboratoire pour faire les différentes analyses et pratiquer les différentes techniques, est-ce juste de les juger seulement sur les connaissances théoriques ? Un exemple parmi des milliers observés dans l'université algérienne.

Le résultat est l'absence de la motivation, les conflits internes et la violence verbale et physique. Sur le long terme, les blessures et les complexes psychologiques sont nombreux et facilement observables chez les enseignants et les étudiants de fin cycle.

A tous ces facteurs, l'absence d'une vision future et le doute concernant l'utilité du diplôme viennent s'ajouter pour compliquer plus la situation.

Ainsi, quelle place pour le e-Learning où le Learning lui même souffre ?

Je pense que le travail essentiel à faire est l'accompagnement et de motivation. Vu la disponibilité des contenus numériques (une disponibilité qui permet au moins le lancement), la question qui se pose est une question de motivation et d'engagement; des éléments clés pour l'auto-apprentissage en e-Learning. Meilleur encore, l'accompagnement à distance sur des plates-formes e-Learning peut assister l'université non pas sur le plan enseignement seulement mais sur le plan motivation aussi.

Le e-Learning permet une disponibilité améliorée de l'administration et de l'enseignant et permet de mettre en communication les différents partenaires à l'intérieur et à l'extérieur de l'université. Si elle est bien gérée, la plate-forme peut supporter même des discussions constructives et transparentes. Les forums de discussion, la vidéo-conférence et le chat avec des droits d'accès adaptés peuvent être utilisés pour effectuer des réunions de travail et de discussion entre les différents partenaires (représentants des étudiants, représentants des enseignants et l'administration) en laissant la possibilité aux autres d'assister en toute transparence et d'une manière organisée. Des feedbacks peuvent être récupérés et les suppositions exploitées par une partie ou l'autre peuvent être facilement éliminées.

Elle peut aussi supporter la définition, le suivi et la correction des différents problèmes et manques au niveau de l'université. En effet, le travail collaboratif, la planification des projets et l'édition collaborative des documents sont des outils courants, matures et maîtrisés en e-Learning. Ils peuvent être exploités de plusieurs façons pour supporter la définition du problème par les différentes parties, pour arriver à une définition qui respecte la vision de chaque partie. Ils supportent aussi la planification et la réalisation des résolutions à faire face à chaque problème. Et sur ce niveau aussi, l'accessibilité est garantie pour tout le personnel en toute transparence et des feedbacks constructifs peuvent être récupérés.

Les plates-formes e-Learning peuvent être utilisées pour donner aux dirigeants une meilleure visibilité sur les préférences et les orientations des étudiants et des enseignants. Exploiter les différents feedbacks et ressources de communication pour définir des sondages pour, ensuite, réaliser des études et analyses peuvent être rendu extrêmement simples et avec un coût additionnel négligeable.

J'insiste encore que ces gains peuvent être atteints même si l'établissement ne possède aucunes ressources pédagogiques numériques. C'est à dire, la mis en oeuvre et l'exploitation d'une plate-forme e-Learning peuvent être bénéfique dès son premier jour même si la création d'un contenu pédagogique numérisé adéquat peut prendre du temps. Offrir une formation entièrement à distance peut être envisagé comme un objectif à long terme.

Si l'absence de telles solutions persiste, les différentes parties actives, c'est à dire, les étudiants et les étudiants trouveront d'autres moyens pour combler ce manque de communication. L'utilisation des mailing listes est le moyen préféré des enseignants, tant dit que l'utilisation des groupes fermés de facebook est le moyen principale des étudiants. Si la premier choix est bien contrôlé et mieux géré, le deuxième choix, celui des étudiants, présente de grands risques que les étudiants ne peuvent pas gérer. Nous avons vu dans les dernières années, une manipulation accrue et l'implication des gens en dehors de l'université dans la formation de l'opinion général des étudiants.

Au stade actuel, et dans l'absence d'un texte réglementaire, je ne m'attends (personnellement) de rien de cela. Il est (pratiquement) impossible d'imaginer un plan d'action même simple au sein de nos universités. Néanmoins, des actions similaires peuvent être faites indépendamment de l'université en exploitant les différentes possibilités à faible coût disponibles sur Internet. Malgré que nous ne pouvons pas attendre une influence sur toute l'université, des résultats locaux peuvent être espérés avec le travail continu et le suivi du près des étudiants.

mercredi 29 novembre 2017

Quelle valeur ajoutée du m-Learning

Le m-Learning peut être défini comme "l'acquisition de toute connaissance et habileté à l’aide des technologies mobiles, peu importe le lieu ou le temps, entraînant un changement de comportement" (Geddes, 2004).

Personnellement, je n'ai pas réalisé des projets qui entrent dans le cadre du m-Learning. En revanche, j'ai suffisamment travaillé sur le e-Learning à un point où je n'accepte pas automatiquement les changements. Ainsi, ce qui suit n'est qu'un point de vu personnel que je peux changer dans le future.

Le m-Learning ne doit pas être considéré comme une reprise du e-Learning vers les mobiles, ou les smartphones. C'est à dire, il ne doit pas se focaliser exclusivement sur la reprise des techniques et plate-formes e-Learning. Ces dernières sont conçues à la base pour être accédées via des navigateurs web traditionnels. Il est nécessaire de les adapter et les enrichir pour être accessibles via smartphones. Mais, cela ne doit pas être vu comme objectif principal du m-Learning et cela est pour deux raisons :
1. Malgré la difficulté et l'importance de la tâche, il s'agit d'une tâche technique l'aspect pédagogique n'est pas affecté que partiellement et sou l'influence de l'aspect technique. Ainsi, c'est toujours les mêmes supports pédagogiques avec les mêmes scénarios mais accessibles sur des microprocesseurs plus faibles et des écrans plus petits.
2. Les smartphones ajoutent deux facteurs intéressants pour quelques domaines et quelques contextes d'enseignement : la mobilité et la disponibilité continue. Ces deux critères doivent être pris en compte durant la conception du support pédagogique. Autrement, nous ne bénéficions pas réellement de l'ajout des smartphones et de leurs caractéristiques techniques et le projet réalisé sera un projet e-Learning accessible via un nouveau support.

Le m-Learning est une évolution logique. L'apparition s'une nouvelle technologie populaire doit être pris en considération pour être exploité en enseignement. Néanmoins, la problématique ne doit, en aucun cas, être aplatie à un simple défi technique. Il faut aussi prendre en considération les différents enjeux, principes, approches et objectifs du e-Learning pour être adaptés avec les ajouts qu'apportent les smartphones.

mardi 28 novembre 2017

Le changement du comportement des apprenants APRES le e-Learning

Nous avons déjà évoqué l'importance de continuer la recherche en e-Learning et pourquoi ce domaine restera actif tant qu'il y a de nouvelles avancées technologiques réalisées et tant qu'il y a un besoin pour apprendre (par ici).

Faire de la recherche en e-Learning ne se limite pas à intégrer les nouvelles technologies ou à prendre en compte les dimensions qui n'ont pas été prises par les systèmes existants. Les travaux de recherche en e-Learning doivent prendre en considération les changements radicaux que nous apercevons aujourd'hui au niveau de l'Internet; non pas sur le plan technique, mais sur le plan humain.

La technologie de l'information et de la communication a changé la nature et les habitudes humaines. Ignorer cette réalité et continuer avec les anciennes suppositions causera inévitablement des "gaps" entre ce qui est attendu et ce qui est obtenu après l'introduction de tel ou tel outil.

Pour justifier cette affirmation, nous pouvons prendre les réseaux sociaux comme un exemple sur un outil informatique introduit pour assister une activité donnée et qui a fini par la changer d'une manière, au stade actuel, incompréhensible et imprévisible.

Améliorer la communication et faciliter la socialisation et la création des liens d'amitié sont les rubriques de base sur lesquelles se construit facebook, le réseau social le plus utilisé actuellement. Ces activités faisaient toujours partie de la vie humaine et devenaient de plus en plus présentes avec les avancées réalisées durant le dernier siècle. Les écoles, les université et les les bureaux de travail des grandes entreprises sont des champs qui montrent à quel point la socialisation fait partie de la nature humaine et comment la création des liens d'amitié est très présente au quotidien.

A début, facebook ne peut être vu qu'une automatisation ou informatisation de cette activité; cela justifie parfaitement ses débuts dans les campus des universités. Mais, son ouverture sur tout le monde a donné plus de possibilités mais elle a causé plus de problèmes.

Sur la tête de liste, nous pouvons trouver les problèmes de confidentialité. Avoir plusieurs composantes (mur, groupes, pages aimées, centres d'intérêt) et chaque composante donne la possibilité à une variété de droits d'accès et de visibilité, il est devenu, très vite, difficile de gérer la confidentialité sur le réseau social et des parties de plus en plus importantes de la vie privée des utilisateurs se trouvent exposées pour l'accès publique et les histoires de ce genre ne cessent de faire surface.

Néanmoins, je pense que des aspects aussi importants que la confidentialité (généralement aplatie à la dimension technique) doivent être étudiés à cause de leur effet visible et inattendu. Cet effet est obtenu avec l'ajout de quelques caractéristiques encore non-exploitées de l'internaute d'aujourd'hui aux activités de socialisation et de l'amitié. L'anonymat, la sensation d'isolement et l'impunité sur le réseau social peuvent devenir vite un mélange "explosif" dans la présence de mauvaises intentions et des troubles psychologiques (voir ressources).

Prendre facebook comme exemple pour justifier un point de vue en e-Learning ne semble pas très logique, mais, à mon avis, facebook partage avec le e-Learning cette dimension humaine et sociale que nous ne pouvons pas ignorer. L'avantage de facebook dans cet exemple est le grand nombre de ses utilisateurs et sa présence dans la majorité des pays de la planète même avec les différences sociales et culturelles. Cela permet d'augmenter la visibilité de ces nouveaux phénomènes ou bien de rendre les changements causés par l'introduction de l'outil informatique plus fréquents et plus probables.

Ayant la même dimension humaine, le e-Learning présente probablement des effets similaires sur le comportement des utilisateurs; des effets à étudier et à comprendre. Ainsi, la question "quel est l'effet de l'utilisation de l'e-Learning sur le comportement de l'apprenant ?" devient une question éligible qui nécessite une réponse.


Ressources :
Lien 1
Lien 2
Lien 3

vendredi 24 novembre 2017

Briser le temps et le lieu, c'est briser la communication

Le e-Learning repose sur les technologies de l'information et de la communication réseau pour garantir ou assister l'activité d'enseignement. Généralement, nous parlons des technologies web qui permettent un accès standardisé (utilisation du navigateur web comme outil d'accès standard) à des ressources distantes. L'idée est de donner plus de liberté à l'apprenant en lui permettant de choisir le lieu et le temps pour suivre la formation (pour apprendre). Néanmoins, briser les deux dimensions temps et lieu de la formation ne peut pas être atteint sans une perte considérable : la perte de la communication.
La communication humaine est un élément essentiel dans toute activité d'enseignement traditionnelle. Quoique qu'elle peut passer inaperçue, elle représente le support principal pour tranférer l'information de l'enseignant vers l'apprenant. Cette dimension est perdue dans l'apprentissage à distance.
Parmi les résultats directs de cette perte, nous mettons le point dans cet article sur deux. Premièrement, l'absence de communication élimine une source essentielle de feedback utilisée par l'enseignant pour évaluer ses apprenants et pour adapter son support pédagogique. En plus que l'information elle-même, la communication humaine intègre d'autres facteurs comme les expressions faciales et les gestes corporels; en les exploitant, l'enseignant peut améliorer l'expérience d'apprentissage. A titre d'exemple, l'enseignant peut adapter le contenu du cours ou changer l'activité pédagogique s'il aperçoit des signes d'un état émotionnel négatif chez les apprenants; chose qui est perdue dans l'enseignement à distance.
Deuxièmement, l'apprenant doit fournir un effort supplémentaire pour s'auto-contrôler et s'auto-organiser. Sans une supervision directe, l'apprenant se trouve libre dans l'organisation et le contrôle de son activité d'apprentissage; cette liberté peut avoir un effet négatif en absence d'une conscience et d'une détermination chez l'apprenant. En effet, à l'heure actuelle, le e-Learning est utilisé comme support exclusif de formation dans les universités et dans les formations continues destinées aux professionnels. Leur utilisation est encore limitée et toujours associée à une formation en présentiel pour les apprenants plus jeunes.
La perte de la communication dans l'enseignement à distance constitue un facteur risque à prendre en compte par tout établissement désirant opter pour le e-Learning. Il constitue aussi une motivation intéressante pour tout un axe de recherche en e-Learning qui vise à garantir une communication plus riche ou bien pour limiter les effets de la perte de communication.

mardi 21 novembre 2017

Comprendre le e-Learning (quick intro à l'e-Learning)

Comprendre le e-Learning commence par commprendre sa définition. Plusieurs définitions ont été proposées selon la vision et la priorité de chaque auteur. S. Naidu le définit par dire "E-learning is commonly referred to the intentional use of networked information and communications technology in teaching and learning". Cette définition est particulièrement intéressante, car elle tente de citer les grandes caractéristiques de l'e-Learning sans s'approfondir dans l'une ou l'autre.

Premièrement, le e-Learning implique l'utilisation des technologies de l'information et de la communication pour garantir les tâches d'enseignement et d'apprentissage. En particulier, on parle des technologies "connectées" ou "basées sur les réseaux". En effet, sans une communication distante, nous ne pouvons pas dire que nous utilisons le mode e-Learning. Ainsi, l'envoie des supports non-connectés tels que les CD-ROMs ne peut pas être vu comme un mode de l'e-Learning. En poussant notre réflexion plus loin, nous pouvons affirmer aussi que l'utilisation d'un CMS pour livrer du contenu tel qu'il est à l'apprenant et dans l'absence d'une conception pédagogique claire ou d'une communication dans les deux sens ne peut pas être considérée comme un mode de l'e-Learning.

Deuxièmement, l'utilisation de ces technologies est intentionnelle. Ainsi, la dimesion technologiques avec ses possibilités et ses techniques est inclue dans le processus dès sa première phase, c'est à dire, la planification et la conception de la formation. Par la suite, les technologies choisies sont inclues dans la conception et la réalisation des supports pédagogiques; ces technologies ne figurent pas comme l'une des plusieurs possibilités pour livrer la formation en question, mais comme un choix prédéfini qui peut être associé à d'autres choix mais pas ignoré. Enfin, le déploiement et l'accès à la formation doivent prévoir l'installation et l'exploiatation des équipements adéquats pour les technologies choisies.

Finalement, le e-Learning exploite les technologies de l'information et de la communication dans l'enseignement et l'apprentissage. Cela nous conduit à déduire deux résultats intéressants. D'un côté, l'utilisation des technologies de l'information peut être associée à d'autres moyens d'enseignement et d'apprentissage. La définition n'impose pas que ces technologies soient l'outil exclusif à utiliser dans ces activités. De l'autre côté, les technologies choisies doivent supporter ces deux activités mais aussi les activités associées telles que l'évaluation, le suivi et l'administration.

Cette définition cite ces dimensions et montre, brièvement, les liens entre les deux domaines informatique et pédagogie sans entrer dans les détails des deux. Premièrement, la définition ne spécifie pas une famille particulière de technologies à utiliser, une architecture particulière pour l'outil à utiliser ou bien un mode donné pour le déroulement de l'enseignement et l'apprentissage. Deuxièmement, la définition ne précise pas une théorie pédagogique particulière parmi les différentes théories pédagogiques élaborées et utilisées dans les différents domaines. L'exploration de ces possibilités et la compréhension des résultats déduits à partir de cette définition peuvent nous servir comme base pour définir les différents axes et défis en e-Learning. 

Ressource :
Som Naidu (2006), E-Learning, A Guide book of Principles, Procedures and Practices, the Commonwealth Educational Media Center for Asia.

mercredi 8 février 2017

E-Learning, pourquoi il faut toujours progresser ?

Le e-Learning se dote d'une mission très complexe résumée en une seule phrase : utiliser la technologie (et en particulier le web) dans l'activité d'enseignement (ou de formation). Une très courte et simple phrase qui nécessite un long travail et qui cache une grande complexité.
A cause de cette complexité, l'analyse des travaux individuels ou même des équipes montrent à quel point ces travaux ne présentent pas une progression remarquable par rapport à l'objectif fixé. En effet, nous pouvons trouver toute une équipe qui essaie de mettre au point à outil pour enseigner des cours de langues pour les enfants. Une progression tellement limitée par rapport au public cible (seulement les élèves de l'école primaire), la région géographique (le facteur langue est un facteur culturel qui dépend de la dimension géographique) et même au niveau technologique.
La cause de cela est très simple. La proposition faite comme mission de l'e-Learning est une proposition très abstraite, je pense, même, que c'est l'une des propositions les plus abstraites dans le domaine informatique de manière générale. En essayant de descendre vers le niveau technique, nous constatons à quel point la définition est très générale et très abstraite. Nous nous trouvons obligés de faire des restrictions sur, pratiquement, tous les plans conceptuels, logiques et physiques. En prenant en compte le temps et les ressources réservés pour les différents projets, nous pouvons comprendre pourquoi les progressions effectuer peuvent sembler très limitées.
Est-ce que nous pouvons limiter cette affirmation ? A mon avis, non, nous ne pouvons pas le faire. Apprendre et enseigner sont les deux activités à "automatiser" ou bien, pour être plus précis, pour "assister". Ces deux activités ne peuvent pas être réduites à une proposition plus concrête ou bien plus détailler. Elles impliquent tous le processus cognitf, la dimension psychologique et personnelle, la dimension physique et la dimension technique. Toute tentative de limitation de la définition de l'e-Learning veut dire l'ignorance ou l'abondance d'au moins d'une partie d'une dimension des différentes dimensions impliquées qui sont, à mon avis, importantes et cruciales.
Au final, notre objectif est de construire une nouvelle école.