jeudi 16 août 2018

Nouveau en e-Learning ! Les deux grandes approches pour la création des formations en ligne

Dans un article précédent (ici), j'ai mentionné qu'il y a deux grandes orientations en terme de conception des plates-formes d'enseignement à distance. Les deux approches partagent les mêmes principes de base et peuvent partager les mêmes architectures (comme celle présentée ici).
Cet article en est une suite. Je veux mettre le point sur le modèle économique préféré pour chacune des deux approches.
La première approche se base sur la forte spécialisation. Elle traite chaque environnement de formation comme un projet indépendant et passe par les étapes de base :
  • Cahier de charge,
  • Etude de l'environnement (public ciblé, connaissances acquises, ressources disponibles, etc.),
  • Analyse et définition du plan de la formation,
  • Conception des matériaux et des ressources pédagogiques,
  • Réalisation et déploiement des ressources pédagogiques,
  • Réalisation et suivi de la formation.
Plus de détails :

McGee, P., & Reis, A. (2012). Blended course design: A synthesis of best practices. Journal of Asynchronous Learning Networks, 16(4), 7-22.

Cette approches ne met aucune contraintes sur les formats, les enchaînements et les moyens à utiliser. Tous ces éléments dépendent des ressources disponibles dans l'environnement de la formation à réaliser. Par conséquence, les ressources produites ne sont utilisables que dans le cadre des formations pour lesquelles elles ont été conçues.
Cette approches est très répondues dans le monde des entreprises. Elle représente la principale approche pour les entreprises et les startups spécialisées en e-Learning (ou blended Learning) telles que celle là et celle là.
Néanmoins, ce modèle n'est pas adéquat pour les institutions publiques (universités, établissements de formation professionnelle, ministère de l'éducation, etc.). Avoir un grand publique réparti sur une large zone géographique rend la réalisation d'une seule formation presque impossible et concevoir de nouvelles ressources pour chaque formation est très coûteux. Ainsi, il est impératif de concevoir des ressources réutilisables qui peuvent être utilisées dans différentes formations. C'est la deuxième approche.
Cette deuxième approche se base sur une forte standardisation des ressources. L'objectif est de concevoir des ressources pédagogiques centrées sur les connaissances sans tenir compte de l'environnement de la formation. Ainsi, le processus de conception et de réalisation des ressources pédagogiques est séparé du processus de conception et de réalisation des formations. Le lien entre les deux processus est garanti grâce aux différents normes et standards qui s'imposent comme des contraintes à respecter par les ressources et par les plates-formes e-Learning.
L'utilisation de ces normes et standards a ses avantages et ses inconvénients. Du côté négatif, elle impose des limitations sur les créateur des ressources pédagogiques. On n'est plus libre de choisir les formats ou bien les scénarios qu'on veut. Du côté positif, elle permet la mise au point des outils standards pour faciliter l'édition des ressources pédagogiques; il s'agit des systèmes auteurs. Ces éditeurs sont compatibles les uns avec les autres et les ressources produites sont utilisables sur toutes les plates-formes qui respectent ces standards.
Pour les plates-formes, le support des standards se traduit par l'intégration d'un composant qui permet l'importation de ces ressources pédagogiques et de les "exécuter". Dans le cas des ressources pédagogiques, le terme exacte est "Jouer", d'où l'appellation "Player" généralement utilisé pour ce composant (exemple). La plus part des plates-formes largement utilisées intègrent un player compatible avec les standards les plus connus. En plus, elles disposent leurs propres éditeurs pour permettre de créer des ressources dédiées.
Sur le plan processus, la création d'une formation diffère un peu. En effet, l'étape conception des ressources sera remplacée par une étape de recherche des ressources pédagogiques. L'étape réalisation des ressources sera remplacée par une étape de composition des ressources. Ainsi, le processus de création d'une formation selon la deuxième approche sera :
  • Cahier de charge,
  • Etude de l'environnement (public ciblé, connaissances acquises, ressources disponibles, etc.),
  • Analyse et définition du plan de la formation,
  • Recherche et sélection des ressources pédagogiques,
  • Composition et scénarisation des ressources pédagogiques sélectionnées,
  • Réalisation et suivi de la formation.
Plus de détails :

Turker, A., Görgün, İ., & Conlan, O. (2006). The challenge of content creation to facilitate personalized e-learning experiences. International Journal on E-Learning, 5(1), 11-17.

Van Rosmalen, P., Vogten, H., Van Es, R., Passier, H., Poelmans, P., & Koper, R. (2006). Authoring a full life cycle model in standards-based, adaptive e-learning. Journal of Educational Technology & Society, 9(1)

Mwanza, D., & Engeström, Y. (2005). Managing content in E‐learning environments. British Journal of Educational Technology, 36(3), 453-463.

Dans un environnement académique tel que le nôtre, il est difficile de progresser dans des travaux basés sur la première approche. Les coûts élevés ne peuvent être supportés que par les entreprises. Ainsi, on se trouve souvent obligé de suivre la deuxième approche et de prendre ses axiomes et hypothèses comme un point de départ et d'encadrement. Je ne dis pas que c'est une mauvaise chose mais cela reste une limitation. J'espère pouvoir voir plus de startups qui travaillent sur l'enseignement à distance.
Dans la suite de cette petite série de postes qui visent à simplifier les notions de l'e-Learning, je vais continuer avec cette deuxième approche.